[...] Certains avaient les yeux qui brillaient et d'autres les avaient remplis de larmes. A première vue, on ne voit pas la différence, mais le résultat reste le même : l'amour fait pleurer.
Le pire dans tout ça, c'est qu'on savait que ça n'allait pas durer, que toutes ces conneries ce n'étaient pas pour nous. L'amour, c'est toujours plus beau chez les autres, quand je les regarde se tenir par la main, j'ai toujours l'impression qu'ils arrivent à tout contrôler ; leur montre, le beau temps, le prochain métro, le retour de monnaie des distributeurs, la dernière paire de chaussures pointure 39, la dernière barre de batterie de leur téléphone portable. Je ne pense pas que tout cela soit le simple résultat d'une certaine « expérience », je crois plutôt qu'il faut avoir une putain de chance de tomber sur la bonne personne avant d'atterrir complètement à terre, amoureux ; le tout, sans se faire mal.
C'est ce que je préférai faire, regarder les gens passer et leur imaginer une vie. Je regardais des femmes et me demandais si la vie serait plus belle, si moi aussi j'avais quelques centimètres de plus accrochés à mes chaussures. De là-haut tout semble plus petit, je dominerais alors le monde, les mots et leur sens, je dominerais l'espace et le temps, et d'un simple d'un pas j'écraserais mes sentiments les plus exacerbés, mes excès de violence et mes rares instants d'euphorie. De là-haut, le monde aurait un sens différent, la vie nous donnerait des milliers de raisons d'avancer sans se retourner, de tirer un trait sur le passé et de se laisser tirer vers quelque chose de meilleur.
Plus grand, on doit surement pouvoir voir plus loin.
C'est un peu pareil pour les gens qui s'aiment.
Puis, si on se retrouve seul dans la vie, c'est certainement dû à un problème d'orientation. C'est vrai, on pourrait couper les ponts définitivement en remettant la faute sur la vie une fois de plus, se sortant ainsi de tous les reproches d'écarts de conduite qui, s'ils avaient été maîtrisés comme il fallait n'auraient pas entraînés ce problème de direction. On oublie tous à un moment donné que la boussole de la vie est entre nos mains et qu'à la moindre erreur la marche arrière est impossible. Moi aussi, j'ai fini par accuser la vie, « non mais voila, on a fait un petit bout de chemin ensemble, puis le chemin s'est finalement séparé en deux routes relativement distinctes et que si il n'est plus là aujourd'hui c'est tout simplement parce qu'il marchait plus vite que moi. Il avait une longueur d'avance sur moi, et comme il n'était pas de nature à être patient, il a pris un chemin, au hasard ou pas je n'en sais rien, en pensant qu'une fois arrivée à l'intersection, j'arriverai grâce à je ne sais quel don à deviner quelle route il avait décidé de prendre. Mais bon, une fois à l'intersection moi, j'avais une chance sur deux, et comme toujours je me suis trompée ».
Mais, si on dit que tous les chemins mènent à Rome ce n'est pas pour rien, on finira bien par se recroiser un jour sur un chemin de la vie.
Ca ne me fait pas peur de ne pas savoir où est-ce que je vais, l'essentiel est de savoir où est-ce que je veux aller. J'ai finalement suivi cette route à la recherche de mon Amour égaré et c'est après quelques longs mois de marche que je suis tombée nez à nez avec une lettre.
« Tu n'es pas seule parce que tu as choisi cette route plutôt que l'autre, tu es seule parce que tu n'as pas encore trouvé les personnes pour lesquelles tu existerais. Les autres avaient besoin de toi pour croire en eux, jusqu'au moment où ils ont tellement cru en eux qu'ils ont décidé de grandir sans toi en omettant naïvement le fait qu'il serait dur de se passer de toi. Crois-tu vraiment qu'ils sont heureux ? Crois-tu qu'il suffit de dire « j'aime » pour aimer et « je suis » pour être ? Ils ont tous en eux quelque chose qui t'appartient, quelque chose qu'ils ne voient pas mais dont ils ne pourraient jamais se passer, quelque chose qui les poursuivra jusqu'à leur mort. Là se situe la source de courage dans laquelle tu dois puiser à présent. Je t'ai aidé en faisant en sorte qu'ils échouent. A toi de rire de ce spectacle à présent. Je te donne la chance de repartir à 0 et je ne te laisse pas le choix. C'est aujourd'hui que ta nouvelle vie débute, à toi de jouer ».
J'ai brûlé alors tout ce qui me rattachait à toi ; ces sourires forcés rangés au fond d'une boite, tes coups de colères et tes absences, ces maux que tu n'as pas su guérir, ces mots que tu n'as pas su dire, et toutes ces lettres que tu n'as jamais su m'écrire, j'ai brûlé le goût de tes lèvres et la douceur de ta peau, tes larmes perdues sur l'oreiller, et tes silences impardonnables.
J'ai continué à marcher jusqu'à ce que je finisse par tomber d'épuisement.
A mon réveil, je pleurai.
L'amour, le vrai, venait de sonner à ma porte.
* Photo de moi ( foire du trône ).
Le pire dans tout ça, c'est qu'on savait que ça n'allait pas durer, que toutes ces conneries ce n'étaient pas pour nous. L'amour, c'est toujours plus beau chez les autres, quand je les regarde se tenir par la main, j'ai toujours l'impression qu'ils arrivent à tout contrôler ; leur montre, le beau temps, le prochain métro, le retour de monnaie des distributeurs, la dernière paire de chaussures pointure 39, la dernière barre de batterie de leur téléphone portable. Je ne pense pas que tout cela soit le simple résultat d'une certaine « expérience », je crois plutôt qu'il faut avoir une putain de chance de tomber sur la bonne personne avant d'atterrir complètement à terre, amoureux ; le tout, sans se faire mal.
C'est ce que je préférai faire, regarder les gens passer et leur imaginer une vie. Je regardais des femmes et me demandais si la vie serait plus belle, si moi aussi j'avais quelques centimètres de plus accrochés à mes chaussures. De là-haut tout semble plus petit, je dominerais alors le monde, les mots et leur sens, je dominerais l'espace et le temps, et d'un simple d'un pas j'écraserais mes sentiments les plus exacerbés, mes excès de violence et mes rares instants d'euphorie. De là-haut, le monde aurait un sens différent, la vie nous donnerait des milliers de raisons d'avancer sans se retourner, de tirer un trait sur le passé et de se laisser tirer vers quelque chose de meilleur.
Plus grand, on doit surement pouvoir voir plus loin.
C'est un peu pareil pour les gens qui s'aiment.
Puis, si on se retrouve seul dans la vie, c'est certainement dû à un problème d'orientation. C'est vrai, on pourrait couper les ponts définitivement en remettant la faute sur la vie une fois de plus, se sortant ainsi de tous les reproches d'écarts de conduite qui, s'ils avaient été maîtrisés comme il fallait n'auraient pas entraînés ce problème de direction. On oublie tous à un moment donné que la boussole de la vie est entre nos mains et qu'à la moindre erreur la marche arrière est impossible. Moi aussi, j'ai fini par accuser la vie, « non mais voila, on a fait un petit bout de chemin ensemble, puis le chemin s'est finalement séparé en deux routes relativement distinctes et que si il n'est plus là aujourd'hui c'est tout simplement parce qu'il marchait plus vite que moi. Il avait une longueur d'avance sur moi, et comme il n'était pas de nature à être patient, il a pris un chemin, au hasard ou pas je n'en sais rien, en pensant qu'une fois arrivée à l'intersection, j'arriverai grâce à je ne sais quel don à deviner quelle route il avait décidé de prendre. Mais bon, une fois à l'intersection moi, j'avais une chance sur deux, et comme toujours je me suis trompée ».
Mais, si on dit que tous les chemins mènent à Rome ce n'est pas pour rien, on finira bien par se recroiser un jour sur un chemin de la vie.
Ca ne me fait pas peur de ne pas savoir où est-ce que je vais, l'essentiel est de savoir où est-ce que je veux aller. J'ai finalement suivi cette route à la recherche de mon Amour égaré et c'est après quelques longs mois de marche que je suis tombée nez à nez avec une lettre.
« Tu n'es pas seule parce que tu as choisi cette route plutôt que l'autre, tu es seule parce que tu n'as pas encore trouvé les personnes pour lesquelles tu existerais. Les autres avaient besoin de toi pour croire en eux, jusqu'au moment où ils ont tellement cru en eux qu'ils ont décidé de grandir sans toi en omettant naïvement le fait qu'il serait dur de se passer de toi. Crois-tu vraiment qu'ils sont heureux ? Crois-tu qu'il suffit de dire « j'aime » pour aimer et « je suis » pour être ? Ils ont tous en eux quelque chose qui t'appartient, quelque chose qu'ils ne voient pas mais dont ils ne pourraient jamais se passer, quelque chose qui les poursuivra jusqu'à leur mort. Là se situe la source de courage dans laquelle tu dois puiser à présent. Je t'ai aidé en faisant en sorte qu'ils échouent. A toi de rire de ce spectacle à présent. Je te donne la chance de repartir à 0 et je ne te laisse pas le choix. C'est aujourd'hui que ta nouvelle vie débute, à toi de jouer ».
J'ai brûlé alors tout ce qui me rattachait à toi ; ces sourires forcés rangés au fond d'une boite, tes coups de colères et tes absences, ces maux que tu n'as pas su guérir, ces mots que tu n'as pas su dire, et toutes ces lettres que tu n'as jamais su m'écrire, j'ai brûlé le goût de tes lèvres et la douceur de ta peau, tes larmes perdues sur l'oreiller, et tes silences impardonnables.
J'ai continué à marcher jusqu'à ce que je finisse par tomber d'épuisement.
A mon réveil, je pleurai.
L'amour, le vrai, venait de sonner à ma porte.
* Photo de moi ( foire du trône ).




